Dans les pays où le capitalisme prédomine, la répression alliée à l’appareil idéologique de l’État, constitue la pierre angulaire du fonctionnement de l’Etat. Pendant des périodes de crise, le fait que l’ampleur de la répression s’aggravent semble être une réponse évidente aux luttes sociales. Ce qui semble plus intéressant de remarquer dans cette présentation est une tendance parallèle (simultanée) de dépolitisation et de criminalisation d’une vaste gamme des pratiques politiques (grèves, manifestations, et occupations).
A cet égard, d’un côté on constate une tendance croissante à l’attribution du caractère délictueux aux pratiques traditionnelles de revendication politiques. De l’autre, la subversion idéologique des partis les plus radicaux.
Maintenant, on va tenter de présenter la chronique de la montée de la répression en Grèce :
Au commencement, en 2004(période de jeux Olympiques), l’augmentation du contrôle social à Athènes a pu se faire sentir . En effet, un grand nombre de caméras de surveillance a été mis en place dans le centre de la ville, sous prétexte d’utilisation pour la cisculation (il est inutile de mentionner que ces caméras sont souvent utilisées pour inculper des personnes arrêtées en manifestations ).
Ensuite, après la révolte de décembre 2008, il y a eu une augmentation dramatique de la présence policière en centre de la ville. A ce moment là, l’État adopte la doctrine de la "tolérance zéro", en enrichissant son matériel juridique et répressif. Un exemple caractéristique est l’adoption d’une loi qui a mis au titre de délit le fait d’avoir le visage caché.
En même temps, l’état grec entre une période de crise marquée par l’organisation de grandes manifestations, qui étaient assez conflictuelles et suivies de répression violente. Vous avez probablement vu des vidéos d’attentats meurtriers commis par des policiers à moto contre des manifestants ou les attaques à la clinique auto- gérée à la place de Syntagma.
Passons maintenant au présent: la rentrée est marquée par un changement, pas seulement quantitatif, mais aussi qualitatif, au niveau de la violence policière. On cite :
Le 12/9 l’ évacuation violente du squat DELTA à Thessalonique et attribution d’ importantes amendes.
Le 26/9, le jour de grève générale, la police attaque, sans aucun motif, les pré- rassemblements des 3 assemblées de quartier en prévenant de leur participation à la manif. Le même jour, pendant la manif, les forces répressives ont sauvagement frappées des manifestants et ont utilisé excessivement des gazs lacrymogènes. Le bilan : 129 détentions et 22 arrestations.
Le 30/9, dans une démonstration excessive d’autorité, des membres de l’unité policière DELTA en moto attaquent la manif. antifasciste en faisant plusieurs blessés. En résulte l’arrestation de 15 manifestants, qui furent blessés et torturés au cours de la garde à vue. Ils furent relâchés après 5 jours d’emprisonnement en payant une caution de 52.000 euros.
Le lendemain, pendant le rassemblement de solidarité devant le tribunal, les participants ont été chassés et battus, 4 personnes en plus ont été arrêtées.
Les 4/10 les travailleurs des chantiers navals à Skaramangka ne sont pas payés depuis six mois. Ils manifestent devant le ministère de la défense et essayent d’entrer dedans pour parler avec le ministre. La police répond en jetant du gaz lacrymogène et comme résultat il y a des blessés ainsi que 120 personnes incarcérées.
Le 7/10 des syndicalistes travailleurs de DEI (edf ) ont occupé la salle informatique centrale de Dei où a été décidée la mise en place de nouvelles taxes. Le communiqué de presse du syndicat annonçait que les syndicalistes allaient continuer l’occupation jusqu’au moment où ils pourraient trouver toutes les informations pour prouver l’arnaque contre le peuple. L’occupation s’est terminée par l’intrusion de la police dans le bâtiment dimanche soir avec l’arrestation des 17 personnes
La violence se répète pendant la manifestation de 8 octobre( jour de gréve général) pour s’opposer à l’arrivée de Merkel en Grèce. La veille de la manif la police interdit des rassemblements et des manifestations dans le centre ville. Malgré tout les manifestants descendent dans la rue. Les flics attendent des militants en dehors de leur domicile pour les arrêter préventivement. Le bilan est: 217 personnes arrêtées et 24 incarcérées.
Pendant 23 jours il y avait 585 détentions et 105 arrestations.
A côté de la montée de la répression et de la criminalisation des pratiques politiques une deuxième guerre est lancée au niveau idéologique de la part de médias dominants, qui appellent délinquants ceux qui ce battent ou les désigne avec le terme réductionniste "anti- autoritaritaires" en les distinguant de l’ensemble social. En même temps, les groupes des fascistes qui menacent les centre de la ville sont présentés comme des "comités des habitats".
En conclusion, on voudra mentionner le fait paradoxal que l’ état afin de justifier son action répressive, sollicite le discours de " la protection de la vie et de la possession des citoyens", alors qu’ en même temps il a déclenché une guerre implacable contre les acquis de décennies en tentant de constituer "l’état d’exception" comme un règle.
[...] Dans les pays où le capitalisme prédomine, la répression alliée à l’appareil idéologique de l’État, constitue la pierre angulaire du fonctionnement de l’Etat. Pendant des périodes de crise, le fa… [...]