Un texte issue de la soirée concernant les détenus politiques grecs à Bordeaux.

Iannis Dimitrakis
En Janvier 2006, après avoir cambriolé une banque dans le centre d’Athènes, il se trouve gravement blessé par des tirs de flics et se fait arrêter. Sa participation à l’échange de tirs n’est prouvée d’aucune sorte mais cela n’intimide pas les juges.
Il est anarchiste et s’est retourné contre le système. Il est enfermé et purge une peine de première instance déclarée de 35 ans, puis la cour d’appel la diminue à 12,5 années. Il se trouve dans les prisons de Domokos.
« En voulant résister individuellement, et ceux qui me connaissent personnellement savent que je peux être participatif, dans mon futur, je me suis fixé mes conditions et ma qualité de vie, en refusant activement le « travail », le rôle de l’unité de production et pas même d’être une roue de chariot. En voulant attaquer cette monstruosité appelée la banque, en choisissant de me tailler une route décente dans la vie, j’ai décidé de la voler. Une pratique que je considère parmi de nombreuses autres comme révolutionnaire et juste dans la revendication de son propre espace en leur sein. » Iannis Dimitrakis, prison de Korydallos, 5 juin 2006
Simos Seisidis
Simos Seisidis est arrêté à la suite d’une balle dans le dos le 3 mai 2010 dans un effort d’échapper à la police et à son scénario de recherche contre récompense pour policier et journalistes.
Après la brutalité de l’arrestation suivie d’une orgie d’humiliations, les pressions psychologiques et la violence sur son entourage vont jusqu’à la violation de l’éthique médicale qui aboutit à l’amputation de son pied.
Son procès se fit en son absence, pour un braquage qui aurait été commis par les « bandits et les noirs », jugement pour lequel il a été acquitté. Il reste en prison à Korydallos.
Pour la même affaire, sont obligés de s’enfuir en voulant échapper aux poursuites pénales par les autorités : Grigoris Tsironis et Marios Seisidis.
Aris Seirinidis
Le 3 mai 2010, l’anarchiste A.S est arrêté et accusé d’un braquage près de l’endroit où il se trouvait.
Après une première tentative échouée de l’impliquer dans ce vol, ils l’inculpèrent à nouveau, utilisant le dossier des tirs sur les cars de CRS ayant eu lieu durant l’été 2009, lui donnant pour sobriquet « le pistolero en sombrero et en claquettes ». Pour preuve, ils récupèrent l’empreinte génétique ADN dans son portefeuille et la comparent à un des masques chirurgicaux (portés contre les gaz lacrymogènes) retrouvés dans les environs. Nulle part dans les pièces à conviction ne se trouve le masque chirurgical et les descriptions du délinquant par les témoins sont très éloignées de la morphologie de Aris. Il est mis en garde à vue le 12 mai 2010 à la prison de Korydallos :
« Avec une méthodique police, justice et société de médias qui a débuté dès mon arrestation dans la soirée du 3 mai 2010, l’Etat réussit, en une période de conflits de classe, à me prendre en otage. De bizarreries en illusions scientifiques ils construisent des poursuites contre moi de manière doublement « exemplaires »… D’abord dans le sens d’un paradigme, car ils cherchent à faire de moi un exemple dans mon choix, constant et inébranlable, depuis maintenant 17 ans, de me trouver de l’autre côté, là où se trouve ma classe et ma conscience, contre le capitalisme, la souveraineté et le terrorisme de l’Etat. Exemplaire, d’autre part, par cette nouvelle ère de répression en ces nouveaux temps du capital et du FMI qui avec l’Etat ont déclaré une guerre totale à la société. »
Aris Sirinidis, Prison de Korydallos, 9 juin 2010
Alfredo Bonano et Christos Stratigopoulos
Le 1 er octobre 2009 sont arrêtés et incarcérés les anarchistes Alfredo Bonano et Christos Stratigopoulos pour le braquage d’une banque qui a eu lieu plus tôt dans la
journée dans la petite ville de Trikala.
Christos Stratigopoulos engage personnellement toute sa responsabilité et est condamné à 8 ans et 9 mois d’emprisonnement.
Alfredo Bonano plaide non coupable pour tous les chefs d’accusation et en raison de son état grave de santé, il est libéré après le procès sous condition de quitter le pays immédiatement.
« Je vous le dis directement, si on me donnait personnellement le pouvoir de décider pour le système carcéral, je le détruirais complètement ou en tous les cas le fermerais. Je me donne personnellement la force de rêver à des moyens de société différents pour ce qu’on appelle la justice »
Christos Stratigopoulos, prisons d’Amfissas, 9 octobe 2009
Vangelis Chrysochoidis, Polycarpe Georgiadis
Vangelis Chrysochoidis, Polycarpe Georgiadis, purgent leurs peines de prison de 22 ans et 3 mois.
Ils ont été condamné pour avoir choisi de manifester leur solidarité avec l’accusé de l’enlèvement du président de la Fédération des Industriels du Nord de la Grèce, Giogros Mylonas. Polycarpe se trouve en prison à Corfou et Vangelis à la prison de Komotini.
"Malheureusement pour les apologistes de la légalité, les faits sont têtus : une poignée de capitalistes ont organisé un gang criminel et ont pris en otage les prolétaires, exigeant une rançon pour leur travail, la marchandisation de l’activité humaine, le temps (qui est converti en argent), leur existence même.L’esclavage des salaires est un crime permanent contre la dignité. Il ne s’agit pas seulement d’ « accidents » du travail, de « dommages collatéraux » de la guerre de classe. C’est l’existence même du travail salarié qui est un crime permanent ! Et les criminels, les ravisseurs, les maîtres-chanteurs sont tous des Mylonas.
Polycarpe Georgiadis, prisons de Ioannina 1 septembre 2008
Alexandre Kosivas, Michel Traikapis
17 Septembre 2010, un braquage de la banque nationale a lieu en Eubée.
Le même jour, les flics arrêtent et conduisent au poste Alexandre Kosivas, Michel Traikapis et Maria Oikonomou. Leurs « identités » et leurs arrestations passées pour leur participation à des hostilités envers le régime suffisent à leur arrestation. Et comme leur présence dans la région du braquage ne suffit pas, ils inventent les preuves « nécessaires ». Des témoins assurent reconnaître leur façon de marcher, l’étiquette de leur blouson ou la marque de leurs montres. A partir de leur arrestation, ils sont accusés d’avoir commis le braquage. Alexandre Kosivas et Michel Traikapis sont incarcérés, Maria Traikapi Oikonomou est libérée sous caution.
« Il n’est pas loin le moment où la colère accumulée sera formulée. Et ensuite elle explosera. Et même si elle est sans espoir contre productive elle explosera.
Les grèves illégales, les lois de terreur améliorées, les émeutes urbaines et les militaires de plus en plus formés, les équipements des flics et les investissements approuvés, les villes, les quartiers, les maisons, nos vies qui les entourent, tout nous le montre. Dans ce décor, les arrestations, les poursuites, les emprisonnements sont inévitables. C’est maintenant qu’il faut quant ils nous frappent, qu’ils sèment la terreur chez ceux qui pensent déjà être prêts pour la pratique… Nous répétons donc, nous sommes en guerre »
Alexandre Kosivas, Michel Traikapis, prisons de Korydallos, 19 octobre 2010 et Maria Traikapi Oikonomou
Lutte révolutionnaire
Après l’assassinat du guerrier urbain Lambros Founta, en conflit avec les flics de Dafni, la police arrête Polla Roupa, Nikos Maziotis, Kostas Gournas, Sarantos Nikitopoulos, Christophoros Kortesis et Vaggelis Stathopoulos.
P.Roupa, Nikos Maziotis et Kostas Gourna assument leur responsabilité politique dans la Lutte Révolutionnaire dans une déclaration à Podiki (journal de gauche).
S.Nikitopouly, Ch.Kortesi et V.Stathopoulou sont détenus avec pour seule preuve leurs relations amicales et de partenariats avec Lambros Foundas, mais surtout en raison de leurs appartenances politiques. Au même moment, l’Etat prend en otage 24 parents, amis et connaissances des accusés pour l’affaire de Lutte Révolutionnaire, parmi lesquels 4 sont appelés à témoigner comme accusés.
« Nous assumons la responsabilité politique de notre appartenance à L.R.
Nous déclarons que notre camarade Lambros Fountas, tombé mort à Dafni en mars 2010 suite à un combat avec les flics, appartenait lui aussi à L.R. Ce combat fut donné pour la mise en œuvre d’un plan subversif, convenu collectivement au sein de L.R. Un combat pour la révolution et la liberté. Que ceux qui croient que les mécanismes de répression qui nous surveillent vont démêler politiquement nos relations se trompent. A l’extérieur comme à l’intérieur des prisons, la lutte est pour nous une question d’honneur et de dignité, et perdurera. Tant que nous serons vivants, tant que nous vivrons, tant que nous respirerons, nous ferons tout ce que nous pouvons pour mettre des batons dans les roues de leurs plans antisociaux et criminels. »
Polla Roupa, Nikos Maziotis, Kostas Gournas, Lettre politique à la société
« Depuis le premier instant, je nie les chefs d’accusation et donc ma participation à l’organisation L.R. Je ne peux nier cependant qu’aujourd’hui, effectivement, je suis en incarcéré dans une prison souterraine, dans un isolement presque complet, avec un champ de vision ne dépassant pas 20 mètres, pour avoir adhéré depuis longtemps à l’anarchisme anti-autoritaire et avoir été présent dans toute sorte de manifestations… Je ne peux nier que j’avais des relations fraternelles et amicales avec Lambros Fountas, guerillero mort aujourd’hui et avec quelques uns de mes co-accusés. Il est logique qu’après tant d’années d’activité dans les espaces de luttes sociales je connaisse et reconnaisse des centaines de camarades si ce n’est des milliers de gens avec lesquels j’ai des liens amicaux. Malheureusement, je ressens dans tout mon être le nouveau dogme des porteurs de la répression, la criminalisation de la pensée politique et de nos relations amicales et sociales. »
Sarantos Nikitopoulos 15 mai 2010
« J’ai affirmé dès le début que je suis anarchiste. J’ai refusé de renoncer à mon identité politique et à mon choix conscient, depuis des années, de participer avec des centaines de camarades aux luttes de classes.
Je me refuse à nier, comme beaucoup de camarades, mes relations amicales avec Lambros Fountas. Les preuves « fortement incriminantes » portées contre moi se résument à une empreinte chez Lambros Fountas de mes doigts sur un pamphlet politique et une visite à la maison d’un camarade, co-accusé. »
Christophoros Cortessis, prison judiciaire de Corinthe, 18 novembre 2010
« Face au mythe de la légalité et aux limites artificielles de l’innocence ou de la culpabilité, je me déclare ennemi du régime et adversaire impénitent de l’Etat et du capitalisme.
Ma déclaration dans l’enquête comme quoi « je ne renonce pas à quelque forme que ce soit de lutte contre l’Etat et le pouvoir » est la seule raison de mon incarcération, et non pas leurs fragiles accusations. »
Vaggelis Stathopoulos, prison de Trikala, 10 mai 2010
Pour le cas de « La conspiration des cellules de feu »
Le 23 septembre 2009, les flics anti-terroristes envahissent la maison de Harry Chatzimichelakis dans le quartier de Chalandri où il se trouve avec 3 autres personnes, son cousin E.Giospa avec sa petite amie et Panagiotis Masoura.
Simultanément sont délivrés des mandats d’arrêt pour 6 personnes qui choisissent de s’enfuir. Après quelques jours, la petite amie est laissée libre tandis que les autres restent enfermés. Le 14 novembre 2009, A.Ch est suivie puis arrêtée car ses empreintes ont été retrouvées sur un chandelier. Puis les charges contre elles de l’anti-terrorisme sont retirées, elle est conduite devant le procureur et libérée.
Le 5 octobre 2010, N.M est également arrêté car ses empreintes sont retrouvées sur l’ordinateur de Harry Chatzichelakis, ordinateur qu’il avait réparé pour son ami. Il est laissé libre jusqu’à son procès.
Le 1er février 2010, N.B est incarcéré suite à la découverte de ses empreintes sur un sac plastique et un dossier. Il est libéré un mois plus tard.
Le 22 avril 2010, Konstantina Karakatsani, 19 ans, est arrêtée. Elle est l’une des 6 personnes en attente d’un mandat d’arrêt. Interrogée et finalement incarcérée, elle nie toute implication dans l’affaire.
Le 16 avril 2010, E.Giospas est libéré.
Le 1er novembre 2010 les flics arrêtent Gerasimos Tsakalos et Panagiotis Argirou suite aux différents envois de colis piégés aux ambassades d’Athènes.
Dans une lettre qu’ils mettent en ligne sur Internet, ils revendiquent les envois de colis piégés et leur appartenance à l’organisation révolutionnaire de la « conspiration des cellules de feu ». Cette même année, Harry Chatzichelakis reconnaît sa responsabilité politique.
Le mercredi 26 janvier 2011, le très recherché Michalis Nikolopoulos est pourchassé et arrêté par un groupe de porcs en uniforme, les flics du groupe ΔΙΑΣ. Il est incarcéré à la prison de Trikala et déclare dans une lettre qu’il est un membre des cellules de feu.
Pour leur participation à l’organisation révolutionnaire de la conspiration des cellules de feu, sont accusés ou incarcérés : Ch.Chatzimichelakis, P.Masouras, K.Karakatsani, P.Argyrou,C. Karagiannidis A.Mitrousias, G.Tsakalos M.Nikolopoulos.
Sont en liberté surveillée : N.Vogiatzakis, E.Rallis M.Giospas.
Sont recherchés : N. Bolano, Christos et George Nikolopoulos.
Exceptés 4 d’entre eux qui ont reconnu leur appartenance politique, tous les autres se déclarent innoncents des faits. Les preuves lourdes sont principalement des empreintes digitales de la maison du quartier de Halandri.
« Le pouvoir ne cherche pas particulièrement à démanteler la Conspiration des cellules de feu ni à viser des personnes en particulier. Son but est de démanteler tout ce qui peut être hors des normes ou potentiellement révolutionnaire et d’isoler à la fois les forces qui réunissent les individus, les « stekia » (lieux de rendez-vous sociaux), les squats, les blocs agressifs des manifestations, et enfin, les camarades potentiels.
L’envie d’extermination et le désir de vengeance sont les moteurs principaux de la volonté de mettre à mal les valeurs de notre quotidien : la dignité et la conscience radicalisée… »
Panagiotis Masouras, prison d’Avlona, le 20 février 2010
« Peu importe qu’il y ait des preuves, vous devez aller en prison pour apprendre à baisser la tête.
Il faut que quelqu’un leur dise que la conscience révolutionnaire ne connaît pas les barreaux, les cages et les menottes qui n’assagissent pas. La plupart des gens ont tendance à s’aliéner d’eux mêmes. Chacun, à sa manière, se construit sa prison imaginaire, parce que c’est ainsi qu’ils ont appris et ainsi qu’ils se sentent bien et en sécurité. Dedans comme dehors, maintenant et pour toujours, vivront libres ceux qui n’ont jamais construit leur prison imaginaire. »
Konstantina Karakatsani
5 mai 2010, prisons d’Elaiona
« En tant que révolutionnaires, nous ne reconnaissons aucune autorité d’investigation.
Nous nous déclarons prisonniers de guerre, fiers d’être des membres de l’organisation révolutionnaire de la Conspiration des cellules de feu. Nous ne regrettons rien et soutenons toutes les actions et opinions de notre organisation, jusqu’à celles qui auront lieu ici et là et qui font de nous des hommes fiers. »
G.Tsakalos, P.Apyrgou, 23 novembre 2010
« Ce qu’ils ne seront pas en mesure d’emprisonner c’est ma conscience et liberté révolutionnaire. Ce qu’ils ne vont pas pouvoir empêcher c’est la poursuite de la production de mon discours insurectionnel, même dans un état de confinement »
Ch.Chatzimichelakis, 23 novembre 2010
« L’affaire des 6 »
Suite à l’arrestation de Argyros et Tsakalos le 4 décembre 2010, les « investigations » amènent à l’arrestation de 6 autres personnes : K.Sakka, G.Karagiannidi, St.Antoniou Ch.Politi, et K.Michaail Al.Mitrousia sont incarcérés.
Les camarades sont inculpés pour collaboration à une organisation « terroriste » laquelle n’est jamais nommée, ni par la police, ni par les journalistes qui couvrent l’affaire.
« Le 4 décembre, dans le cadre de leur « chasse aux sorcières » s’est jouée une production hollywoodienne avec pour pour producteurs l’agence anti-terroriste, les médias et comme acteurs principaux 5 camarades anarchistes et moi même. Une représentation cinématographique où les maisons sont transformées en « cachettes terroristes », les livres en « documents imprimés illégaux », les relations amicales « collaboration d’une organisation terroriste », les rebelles en « bêtes sanguinaires ». Et bien sûr, la recette à suivre est simple. Pas besoin d’avoir de preuves tangibles pour accueillir quelqu’un dans une « formidable et démocratique » cellule »
Dimitris Michail, 24 janvier 2011, prison de Trikala
« Tout ce scénario de destruction se trouve au cœur de la politique répressive contemporaine. Au centre de ce projet multiforme ils visent à intimider et discipliner les nouvelles « classes dangereuses » et à supprimer les opposants politiques au pouvoir institué. Il faut que tous ceux qui sont leur cible, qu’ils font passer pour inutiles, se multiplient. L’autodétermination, l’action directe, la solidarité et la lutte pour la réappropriation de la vie contre leur volonté de rétablir le royaume de la mort et de l’ordre, et d’imposer l’agression capitaliste du monde »
Christos Politis, Prison de Grevena 16 février 2010
« Nous proclamons clairement et vers tous, qu’aucun de nos trois co-accusés n’est impliqué dans les faits qui nous sont reprochés. L’arrestation de l’anarchiste Christos Politis a été faite manifestement pour des raisons politiques dans la mesure ou l’opération policière visant à son arrestation pour l’incendie de la Cour d’appel d’Athènes, quelques jours avant son arrestation, a été vouée à l’échec. Nous affirmons que nous ne connaissons pas cet homme, qui est aujourd’hui poursuivi pour avoir eu le malheur d’avoir été, lors des opérations de surveillance, repéré en marchant sur un trottoir voisin au Pirée. En ce qui concerne ensuite les codétenus, Stella Antoniou et Dimitris Michael, nous affirmons qu’ils sont poursuivis pour le simple fait d’être des amis intimes. »
Mitrousis Alexander Kostas Sakkas, George Karagiannidis 19 janvier 2011
« Pour ceux qui sont des membres actifs de cette lutte révolutionnaire et de son accomplissement, pour ceux qui se battent contre la domination de l’Etat et des patrons, mais aussi contre la subordination – condition même de son existence – pour ceux qui se battent, sans tenir compte de l’époque, des circonstances et des conjonctures,
contre le pouvoir et ses représentants, partout ou cette force se développe et s‘exprime, chaque crise n’est qu’une justification et une chance pour la lutte contre le capital, contre l’euro fort et pour une drachmes sous évaluée, contre les patrons nationaux et d’ailleurs, contre tous les systèmes de l’exploitation »
K Sakkas, Prison de Nauplie 1er mars 2011
Giannis Skouloudis
Le 13 octobre 2010 est arrêté en flagrant délit Giannis Skouloudis pour l’incendie criminel d’un véhicule DEI (EDF grec). Il reconnaît les faits quelques jours plus tard. Sont aussi émis quatre mandats d’arrêts de personnes qui lui sont proches.
«Je suis en détention provisoire à la prison de Avlona. J’appréhende cette situation, non comme un individu qui est accusé pour ses actes, mais comme un prisonnier de guerre dans les mains ennemies ; dans un lieu de mise à l’écart dont le rôle est de contrôler et de marginaliser tout fait qui représente un danger et une menace de l’ordre établi, un lieu qui est une zone de non droit, de compromis et de soumission, coupé de la société mais qui correspond à une logique établie du dogme de l’ordre et de la sécurité. Que celui qui s’organise, combat et attaque pour la llutte révolutionnaire fasse bouger les fondations du monde capitaliste moderne »
Giannis Skouloudis, Prison de Vlora 11/05/10
« Nous refusons de manière catégorique votre influence sur nos choix et nos vies et pas seulement sous sa forme de machination. Nous décidons donc de partir. De partir pour rester fidèles, dignes devant notre miroir, notre conscience et nos compagnons. Ce choix n’est en rien un geste de terreur. C’est la seule voie ouverte en ces temps difficiles, dans la vie d’ anarchistes révolutionnaires qui ont choisi ce chemin depuis longtemps ».
Lettre de 4 fugitifs, 4 novembre 2010
L’affaire des quatre de Vironas
Le 13 avril 2011, sont arrêtés et mis en détention provisoire Tsilianidis, Fessas, Dimtsiadis et Tzofkas, contre lesquels des mandats d’arrêt ont été émis pour l’affaire de l’incendie des véhicules de DEH (EDF grec). Ils sont également inculpés pour leur participation à une organisation terroriste dont la dénomination demeure inconnue. Pour l’affaire de « terrorisme » du 14 janvier, est arrêtée l’anarchiste Fee Meyer à l’encontre de laquelle sont retenus des faits falsifiés ; sont aussi mis en cause des membres de sa famille qui sont présentés comme des anciens membres de la RAF (Fraction Armée Rouge allemande). Suite à un désaccord entre le procureur et le juge d’instruction, elle est mise en liberté conditionnelle, et finalement incarcérée le 9 février 2011.
« Le vendredi à 15h j’ai été enlevée alors que je sortais de chez moi pour me rendre à l’école où j’enseigne. Pas moins de 10 personnes cagoulées m’ont emmenée, après m’avoir caché le visage, au douzième étage de l’immeuble du siège de la police nationale, sans me dire un seul mot. J’ai été interrogée par six personnes qui m’ont montré une photo sur laquelle j’étais avec mon compagnon Christos Politis. Ils m’ont demandé si je le connaissais et lorsque je leur ai répondu qu’il s’agissait en effet encore d’une personne injustement envoyée en prison, le commissaire a ordonné de « passer à la procédure ». J’ai été déshabillée, mon tee-shirt ainsi que mes chaussettes ont été volées sans qu’à aucun moment on ne me donne la raison de mon arrestation et sans donner suite à mes demandes d’être assistée par un avocat. Lors de la prise photographique d’indentification, je me suis débattue pendant que les policiers présents me prenaient en photo avec leurs téléphones portables pour que mon arrestation puisse vendre… Nous connaissons depuis des années leur manière de fonctionner, leurs mécanismes pourris jusqu’à l’os. Soit les journalistes – à quelques exceptions près- deviennent les portes paroles de la police, soit la police est leur commanditaire. Ils sont prêts à détruire tout individu, à anéantir les vérités et à vomir leurs mensonges immondes… »
Fee Meyer Lettre pour mon affaire- avant son incarcération.
Chrisolavandis Pouziaritis
Chrisolavandis Pouziaritis est arrêté le 6 décembre 2009 à Thessalonique pour participation à des événements auxquels il nie toute participation.
Le 13 décembre 2010, le Tribunal correctionnel de Edessa le condamne unanimement à une peine d’emprisonnement de 9 ans et 3 mois, avec des charges plus que contestables fondées sur les témoignages uniques de deux policiers. Il s’agit d’une condamnation scandaleuse d’un individu qui avait un casier judiciaire vierge et qui n’est membre d’aucun mouvement politique, le tout sans aucune preuve des infractions reprochées. Le premier verdict fut de 12 années et 4 mois d’emprisonnement.
Theodoris Dellis
Theodoris Dellis est arrêté à Rodhes le samedi 4 décembre 2010 pour un vol de la banque qu’il aurait commis le matin même. Il est incarcéré à la prison Alikarnasou en Crète en attente de son jugement pour vol à main armée.
« Je déclare que mon combat va se poursuivre jusqu’aux abysses de la république, de manière intransigeante et irrévocable, et ce jusqu’à la victoire et la destruction de chaque prison.» propos recueillis le 4 octobre 2010.
Affaire Nadir
L’après-midi du samedi 4 décembre 2010, les forces de l’ordre interviennent au squat anarchiste « Nadir » se trouvant dans une résidence universitaire à Thessalonique.
Dans une opération de force digne d’une scène de cinéma, et avec pour motif avancé des vols commis et pour créer des tensions avant les manifestations du 6 décembre (commémoration de la mort de A. Grigoropoulos assassiné en 2008), les forces de l’ordre avaient pour mission de condamner pénalement un lieu associatif et actif. Onze personnes sont arrêtées parmi lesquelles sont mis en détention provisoire Ivan G, Stelio et Pangiotis Anastasiadis.
« Avant cette démonstration de force, l’Etat a toujours souhaité anéantir les mouvements contestataires par n’importe quels moyens, et notamment les initiatives les plus revendicatives et isolées comme celles des anarchistes.
Suivant le même mode opératoire de décembre au squat « Resalto », l’action policière à Nadir a été suivie de plusieurs saisies et notamment d’importantes sommes d’argent destinées à l’action de l’association ainsi que du matériel utilisé pour la radio Revolt qui n’a pu émettre sur les ondes pendant un temps. »
Frères Anastasiadi, Prison Avlona 15 janvier 2011.
Rami Sirianos
Le 31 janvier 2011 a été arrêté l’anarchiste Rami Sirianos après un vol dans les locaux de l’ODDY (organisation publique de distribution). Interrogé par le Procureur il refuse toute responsabilité et est placé en détention provisoire.
« Dans cette affaire, la police a essayé d’inculper Monsieur K S lequel a en définitive été libéré sous contrôle judiciaire. »
Dimitris X.
Le 14 février 2010 est incarcéré Dimitris X, arrêté en possession d’armes dans l’après-midi du 11 février dans le quartier Kipseli d’Athènes. Il est inculpé pour port illégal d’armes en vue de leur utilisation pour des actions terroristes. Il nie toute implication dans une quelconque organisation terroriste.
La passion pour la liberté est plus forte que toute les cellules
Rassemblement de nouvel an devant la prison de Korydallos – 31 Décembre 2008
