Tout ce qu’on connaissait en Grèce jusqu’à maintenant comme étant la législation du travail, qui existe depuis 1920, date d’introduction de la notion de négociations collectives, est en train de changer. Une nouvelle loi sera proposée au vote de l’Assemblée Générale la semaine prochaine. En effet, l’idée de « protection du travail » bascule d’une obligation de l’Etat à la bonne foi et à la maturité des employeurs ou, de l’autre côté, au dynamisme et à l’esprit revendicatif des employés. Les salaires, les licenciements, le temps et les conditions de travail s’appuieront sur la négociation entre les employées et les employeurs dans chaque entreprise. En effet, la législation du travail est encore en vigueur, néanmoins une autre forme de contrat a été inventée : « Le contrat (particulier) selon l’entreprise ».
Dans le cas de ce contrat, on ne peut tout simplement appliquer aucune restriction que la législation courante impose normalement. L’employé en 2011 doit accepter « librement » la réduction de son salaire, même si cette réduction est inférieure au salaire de base (739 euros, l’argent destiné à l’assurance sociale y compris…). Si l’employé n’est pas d’accord, son employeur aura le droit de s’orienter vers la médiation ou l’arbitrage institués (OMED), qui essayeront de réconcilier les deux parties. Si cette intervention n’apporte pas de solution, l’employé peut enfin s’adresser aux juges…
De plus, l’embauché va travailler pendant sa première année en période d’essai, sans aucun droit à indemnisation. Même passée cette première année, il peut être licencié sans indemnisation, à condition d’être prévenu un mois avant. Par ailleurs, dans le cas où le travailleur flexible devrait prolonger son temps de travail, ces heures supplémentaires ne seraient pas payées plus cher. En ce qui concerne l’employé, qui travaille avec sous le statut d’intérimaire , il pourra travailler chez son employeur pendant 3 ans sans pour autant obtenir le droit de passer à un contrat à durée indéterminée.
En général, l’indemnisation dans le cas d’un licenciement est réduite de moitié. Tout ça n’est pas un mauvais rêve mais « le contrat (particulier) selon l’entreprise ». Ces contrats, décrits comme institutionnellement « innovants », peuvent exister dans chaque entreprise sous n’importe quelles conditions. Et il ne s’agira pas seulement d’entreprises qui ont des problèmes financiers, comme les rumeurs qui circulaient jusqu’à maintenant le disaient.
Enfin le plus grand changement concerne l’Organisme de Médiation et d’Arbitrage (OMED). Son caractère, ses missions et sa structure changent ; le critère principal des décisions de l’OMED sera « la situation financière de chaque entreprise et l’évolution de sa capacité à être compétitive et productive ».
OMED se transforme d’une institution de protection du plus faible en une nouvelle institution qui va analyser et va servir à l’état financier de l’entreprise. Donc, à partir de cette nouvelle loi, l’employeur sera renforcé, puisque les deux parties pourront, dans un premier temps, avoir recours à la médiation et ensuite à l’arbitrage. Si l’employeur reste encore insatisfait, il peut remettre en question les décisions de l’arbitre et s’adresser tout de suite aux juges.
Source : Giorgos Katerínis, « La Rue de la gauche » (Décembre 2010)
Ce qui change actuellement en Grèce dans le monde du travail… !
mars 16, 2011 par Nouvelles Hors Les Murs